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Oser dire non pour se dire oui


maman pouce levé oser dire non pour se dire oui

« Heureux et libre celui qui ose dire non »

D’après cette maxime de ce poète hollandais, il serait presque noble d’oser refuser quelque chose pour prendre pleinement conscience de ses propres besoins.

C’est chouette, n’est-ce pas ? Mais comment faire pour oser dire "non" pour se dire "oui" ? Est-ce vraiment si simple ou bien est-ce vous qui n’avez pas encore trouvé la clé pour être attentive à vos propres ressentis ? J’aimerais vous aider à éclaircir quelques points pour mieux comprendre et agir dans ce sens au quotidien.

Pourquoi avons-nous l’habitude de dire « oui » ?

Tout d’abord, peut-être cherchez-vous à être tranquille, à éviter le conflit. Imaginez-vous, occupée dans votre travail du jour et un de vos enfants vient vous voir avec une requête un petit peu spéciale. Vous n’avez pas tellement le temps de lui répondre, ni de toujours chercher le fin mot de l’histoire, aussi, il vous paraît plus simple d’acquiescer dans son sens. Il en va de même lorsque deux d’entre eux se bagarrent et que vous n’avez pas vraiment envie de prendre parti, à ce moment-là, vous dites plutôt un « oui » de fuite…

Ensuite, acquiescer dans le sens de l’autre, c’est aussi vouloir lui plaire, vouloir rentrer dans le moule. C’est ainsi dans la société à chaque fois que vous avez peur du regard des autres et que vous préférez ne pas vous positionner, mais aller dans le même sens que ces derniers. Parfois, c’est une situation pesante mais sortir du lot vous effraie davantage encore. Vous avez ici un besoin d’appartenance au groupe qui est plus fort que celui de vous respecter vous même.

Dire « oui », c’est souvent un acte de mimétisme ou de loyauté envers une autre personne qui vous est chère, avec la volonté de ne pas la blesser. Combien de fois avez-vous pu laisser faire ou laisser dire vos parents sur telle et telle notion d’éducation de vos enfants, alors que vous n’étiez pas foncièrement d’accord ? Combien de fois vous êtes-vous abaissée devant une personne dont vous sentiez redevable ? Combien de fois avez-vous fait la même chose que votre sœur enfin d’assouvir votre besoin de reconnaissance familiale ? Juste des questions, absolument pas de reproche...

Enfin, « Que votre oui soit oui », une phrase tant et tant entendue et qui a peut-être conditionné votre sens de l’engagement. Aussi, même lorsque vous êtes passionnée par telle ou telle œuvre de bénévolat, il est assez aisé de vous faire culpabilise,r si vous n’êtes pas sans cesse en train de venir en aide aux autres. Certes, vous avez choisi de vous dévouer à cette cause, seulement parfois, vous n’êtes pas un robot et au fond, personne n’est irremplaçable.

Je vais vous conter ici une partie de mon histoire : alors que j’étais en congé parental durant de longues années, avec mes quatre enfants, je me suis pleinement engagée dans diverses actions. J’ai pris de nombreuses responsabilités d’encadrement d’équipe et de mise en place de projets. J’étais vraiment une personne « phare » sur laquelle tous pouvaient compter. Parfois, alors même qu’il ne s’agissait pas d’un emploi salarié, je ressentais sur mes épaules le poids des responsabilités. J’ai toujours aimé à dire que le bénévolat est une action qui, même si elle est dans le don, doit rester avant tout une source d’enrichissement personnel. L’accomplir à contrecœur est vraiment l’inverse total de la démarche.

Puis, les années ont passé, j’ai pris d’autres chemins et j’ai dû laisser ma place à d’autres personnes de bonne volonté. Alors que ma maladie a refait surface plus intensément, je me suis retrouvée de nouveau à mon domicile avec beaucoup d’heures libres devant moi. Après quelques semaines, nombre de personnes que j’ai côtoyées durant ces années-là m’ont demandé de reprendre du service « étant donnée que je n’avais rien à faire de mieux chez moi ».

Libre à eux de croire que je ne faisais rien de mes journées, ce qui fut assurément le cas les premiers temps, convalescence oblige. Mais rapidement, j’ai dû me positionner. Ces gens ne comprenaient pas que je n’accepte pas d’emblée de revenir gonfler les rangs de leur association ou de leur mouvement. Je devais prendre soin de moi, aussi, à ce moment-là, j’ai fait le choix de dire non aux autres pour me dire oui à moi-même. Assurément, cela n’a pas plu à tout le monde et c’est OK. Actuellement, je n’ai toujours pas repris d’engagements extérieurs, tout simplement par ce que mon temps est désormais pleinement occupé ailleurs et c’est OK aussi.

Quels sont les différentes raisons de dire stop ?

– Se positionner, être consciente de ses priorités et de ses besoins : à chaque fois que vous vous dîtes « oui » à vous-même, vous vous ancrez dans une réalité qui est bonne pour vous. Une fois que vous avez déterminée vos priorités, vos besoins, vos objectifs, si vous souhaitez les mettre activement en place dans votre vie, il est important de ne pas vous éparpiller, au gré des demandes extérieures.

– Se protéger : que vous ayez ou non des soucis chroniques de santé, quand vous acceptez de vous écouter pleinement, de faire attention à tous les signaux envoyés par votre corps et votre esprit, vous êtes actrice de votre propre équilibre de vie.

– Responsabiliser l’autre : à l’image de mes activités de bénévolat dont je vous parlais ci-dessus, les autres personnes qui m’ont remplacé ont pu à leur tour prendre leur propre responsabilité. Loin d’infantiliser les gens, il est important de montrer à l’autre qu’il peut aussi agir à sa manière alors que vous n’êtes pas présente à ses côtés. D’ailleurs, vous n’avez absolument aucune nécessité de vous justifier, « non, c’est non ». Toutefois, il est essentiel d’accepter aussi le « non » de l’autre qui peut-être ne vous fera pas toujours plaisir à entendre. C’est là une histoire de respect mutuel et d’écoute bienveillante.

Voici un petit challenge, un pas à la fois, que je vous propose de réaliser, afin d’oser dire « non » pour se dire « oui » à soi-même :

– Si vous devez vivre une situation prévisible à l’avance, par exemple :

Nous sommes lundi, vous savez que votre voisine vous demandera probablement ce week-end de garder son chat et cela ne vous paraît pas envisageable (quelle qu’en soit la raison). Il est alors cordial d’en informer celle-ci, dès que possible, afin qu’elle s’organise autrement. Vous pouvez donc essayer d’imaginer le dialogue entre vous deux, dans lequel vous pourriez : décliner de manière sereine sa demande, ne pas donner de réponse trop active, lui proposer une alternative… Ceci demande d’être réfléchi, et dans une situation récurrente, il est possible de s’y préparer en amont pour éviter les frustrations engendrées d’un côté comme de l’autre.

– En ce qui concerne vos différents engagements bénévoles ou autres, vous pouvez également faire un point : Y trouvez-vous encore votre compte ? Cela vous plaît-il toujours de cette façon-là ? Auriez-vous envie de voir de nouvelles choses ? Après avoir fait la clarté sur ceux-ci, vous pouvez alors prendre poliment congé des uns ou en découvrir d’autres, une fois encore de manière posée et agréable à vivre.

La clé essentielle pour avancer est de rester à l’écoute de ses propres besoins, de ses propres ressentis, de ses propres attentes et surtout, d’agir sans culpabiliser. Si vous n’êtes pas attentive à tout cela, alors, c’est vous qui serez contrainte de subir physiquement et psychologiquement la situation. J’ai beaucoup parlé de bénévolat dans cet article, cependant, vous pouvez tout naturellement rapprocher cette idée de nombreuses facettes de votre quotidien qui vous implique, qui vous oblige à vous positionner pour mieux vous respecter vous-même.

S’il est difficile pour vous de vous dire « oui » parce que vous avez besoin ou envie de rentrer dans le moule, parce que vous vous sentez obligée de telle ou telle manière, je vous propose d’en discuter ensemble en m’envoyant un mail : contact@materrenelle.com

Si vous pensez qu’une amie maman aurait besoin de se positionner elle aussi pour se sentir moins submergée dans son quotidien, partagez-lui cet article…


Vous pouvez aussi retrouver cet article en version vidéo avec d'autres idées sur la chaîne Youtube de MaTerreNelle : oser dire non pour se dire oui

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